21.09.2008

Nathalie Riera

 

Nathalie Riera

 

Née en 1966, vit en Provence, où elle se consacre un temps à l’animation de théâtre d’atelier en Maison d’arrêt (de 1993 à 2002). L’essentiel de son travail sur le jeu théâtral et ses techniques se déroulera principalement au sein des établissements pénitentiaires de Draguignan (de 1992 à 2002) et une expérience plus brève au quartier des mineurs de Grasse (2005).

A animé des formations sur « la prise de parole en public » par une approche des territoires du théâtre auprès des publics professionnels (cadres-surveillants des unités de formation des centres pénitentiaires de la région PACAC - éducateurs-stagiaires du Pôle Territorial de Formation de Marseille, en 2006)

 


En ce qui concerne son activité d’écrivain, un roman, Staccato Morendo, sélectionné par la ville de Saint , en 2002 (prix Jean Follain) ;  un livret d’opéra À fleur d’eau  interprété par l’ensemble Flor de Quintetto (création 2003 de l’Atelier-Studio du Centre National de Création Musicale Marseille), et l’écriture d’un spectacle son et lumière Blanche Crèche (création pour la ville de Cannes, Noël 2003).

 

À partir de 2005, de nouvelles activités se proposent, comme organisatrice et modératrice de conférences et de débats sur la création contemporaine et l’art dans l’espace public (1ère édition du Festival du Mai de l’Art, à St Raphaël en 2005, où elle conçoit et anime Jetée en Spirale)

 Dans le cadre de sa deuxième saison 2008/2009, l’atelier d’écriture A Fleur d'encre animée par Nathalie Riera, au profit de l’Association « Roquebrune Culture », propose une immersion dans la littérature contemporaine : des lectures d’œuvres, des pratiques de notes de lecture, des exercices et pratiques d’écriture et de littérature orale, puis la mise en place d’un projet d’atelier : constituer un fonds de supports visuels de tous genres, qui vont servir de stimulus au texte ou à l’écriture.

 


Après une première publication d’un essai littéraire La parole derrière les verrous (1) aux Editions de l’Amandier en 2007, les derniers travaux de Nathalie Riera seront publiés dès l’automne dans diverses revues littéraires (Imp Act…).

Des extraits de ses textes sont mis en ligne sur différents sites littéraires francophones, comme:

 

Terre à Ciel

Texte : « Chemin vers le vide »

Francopolis

Texte : A Cheval!

Texte : Sauvages sont les fraises

re-pon-nou

Texte : « Nous sommes l’amour »

 

(1) Autre site à consulter : Horschamp (revue Cassandre)

 

Par ailleurs, Nathalie a crée et anime depuis janvier 2008 Le site des Carnets d'eucharis et leur bulletins électroniques « Une étape dans la clairière » :

 

 

Une étape dans la clairière n°16 (du 8/09/2008)

Renseignements pour parution dans la revue

Mail

Textes de l'auteur:

 

Extraits de CARNET DE CAMPAGNE I

(Ecrits du jardin)

 

III.

 

 

presque voir l’invisible se peindre dans l’air

presque croire que nos failles ne sont que des entailles à la pierre

presque s’émouvoir encore de ce qu’enfant notre imagination était notre soleil

 

toutes sortes de larmes à notre être

 

 

 

  

pas seulement la nuit, mais aussi le jour où naissent les ombres

un pas dans le jour, j’ai oublié la lampe

 

 

***

 

Extraits de CARNET DE CAMPAGNE II

(Elegeia et autres chants de soleil)

 

 

Femme à robe d’herbe et de rosée, que je vous dise : la poésie ne peut vous donner ni plénitude ni évasion, et perdez l’habitude de n’entendre d’elle que le charroi des coassements et des bêlements.

Que je vous dise : la poésie est à chaque fois abêtie, abattue. Ravaler sa salive et absorber le calice jusqu’à la lie.

J’aime pour elle une page blanche comme un parterre de neige.

 

 

Brindille

 

Elle veut le poème dans son péché de dénuement, sa vertu de silence, son oubli, dans la verticalité de l’arbre. L’échauffante effeuillaison pour que les fruits s’ensoleillent, de la plus profonde radiation du cœur au vermillon le plus tendre. Elle veut le poème dans son infra-beauté, son infraction. Elle veut sur son corps en délit l’effraction du givre, l’interférence, le non-lieu. Elle ne veut plus le poème au baiser triste, au rire douleur, à la joie spleen, mais équitable, plus détaché, dans l’arrière-plan, ou autre part, et toujours plus fragile comme brindille dans la prose des tenons et des mortaises. Romance de l’espoir, dit-elle et mon corps de feuille dans ses nuances les plus paille.

Elle veut le poème invalide, dans la musicalité de l’arbre où l’oiseau ne chante plus à la fenêtre de ses branches. Gracile graminée dans l’échauffante frondaison du désir. Incivil poème. L’aubade à ses lèvres, elle me dit ce que j’aime l’entendre me dire, récidive dans ce qu’elle a de plus libre et d’écorché en plein vent. Elle veut du poème des spasmes d’oiseaux, des soubresauts de fraîcheur, refuse les eaux repues, mais entendre encore leur partition de galops, la mélopée du soleil qui sait nous rendre chaque chose et chaque jour comme plus précis ou plus affinés, à jamais initiés. Elle veut le poème aux mains pleines de terre, l’encre verte sous ses ongles, et autour d’elle, l’insomnie des fleurs, les molles ondulations des ramures, l’immuable, comme des massifs de parfums cherchent à jamais l’accord dans l’embrasure des clôtures, la dispersion et la disparition, l’escapade vers l’horizon de ce qui était bleu et vert. Elle veut le poème comme un fruit dans sa terre de couleurs, et après le noir et blanc des ressacs, la rousseur du feu, des cheveux d’herbe comme des éloges de verdure. Elle veut le vent dans la plaine, vous fredonner que tout ne tient jamais qu’à la brièveté d’un trait. Cet habile à-coup de lumière sur les brindilles…

 

          it was blue and it was green

          and my name is Elegeia

 

***

 

Extrait de CARNET DE CAMPAGNE III

(La rosée sur les ronces l’enfance)

 

 

Un éclairement dans les buissons, du firmament dans les murs : abréger le récit. Contre un agglomérat d’épines et de ronces, leurs phrases interminables.

 

       Soudain, le sifflement des ailes : j’écoute les herbes qui rêvent de porter des noms d’oiseaux.

 

       (Aigrette des récifs, bruant des roseaux, caille des blés, ganga cata, pipit des arbres)

 


 

Écrire un commentaire