26.11.2007
Frankétienne

Homme criblé d’étoiles lointaines
et seule cible au sommet de son risque
vivant pour l’incandescence
d’une fusillade de lucioles
venez voir voyeurs du monde
des oiseaux migrateurs
faisant la ronde autour d’un phare
donnant sa lumière en pâture
aux ténèbre d’eaux
de fiente dormante
dans un pays surdoué de douilles
un pays qui passe les vitres
au vitriol de la pierre
et baptise les filles
dans leurs stupides gémissements
du viol premier
en forçant le gond
pour assiéger l’impasse qui relie
l’avis de l’un
à l’espace lié à la mort de l’autre
l’enfer a tissé son nid de feu de pailles
il y a miracle dans la durée
et trop de rouille pour dire l’usure
l’homme qui parle
avec excès d’oiseaux dans la bouche
garde dans sa cage des couleurs thoraciques
pour atteindre en plein cœur
les frondes de la barbarie
toutes les chasses-gardées des faussaires
criant merde dès leurs réveils
aux accoucheurs de fleurs dans l’insomnie
île est douleur
cette grippe du pélerin pour sa terre aviaire
terre qui ne lèche pas la neige
mais qui se laisse coucher
par des songes de tramways
dans un tohu-bohu d’arc-en-ciel
aux écailles d’avant-pluie
James NOEL
( le sang visible du vitrier Ed, CIDIHCA 2007)
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/toutunmonde/
18:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.11.2007
Voile étrangère
Et pour les choses
Qui ne pèsent pas
Dans la balance
Des seins qui tombent
Des fleurs éboulées
Pour la montée du vin au sommet des montagnes
éclatant dans l'ivresse du volcan
Je te le dis pour les fous rires
venus des lèvres dans leurs juteuses déraisons
Je te le dis
à haute voix le coeur drogué
Chaque grain de sable a son étoile
Le monde est vaste dans la barque du vent
toute voile est étrangère
aux idées arrêtées des ports
des continents
premier échange avec les poètes en herbe au collège JB
Clément, et la même question, pas évidente, ferme la
boucle et ma bouche lors de ma dernière intervention
au collège Alfred de Vigny (Classe de troisième).
En tout, douze interventions ont eu lieu, autour de
la poésie et de mon itinéraire de poète.
Des lectures et des exercices d'écriture instantanée
sont autant d'agréments qui ont ponctué ces
rencontres qui se sont déroulées, pour l'ensemble,
dans une atmosphère ludique. Atmosphère qui se veut
fête, dédiée à la santé des mots.
Il n'est pas dur voyez-vous, d'être poète en compagnie
de poètes bellement adolescents qui s'entourent
volontiers de mots, comme un collier de perles autour
du cou.
james
19:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.11.2007
Correspondance
| Lettre ouverte à James Noël, poète haïtien. Mon frère, excuse-moi d’avoir fait de toi, mon immigré choisi. Tu n’es ni médecin, encore moins ingénieur, tu es poète, la bouche de 70% d’analphabètes, et ton paletot a des poches trouées. Source noire, venue au pays desséché par la bêtise, tes mots apaisent ma colère, animent ma joie, ils coulent sur moi et me lavent de l'opprobre. Tu veux que je te dise, mon frère, c’est toi qui m’as choisi. Rachid
Lettre ouverte à Rachid AkbalJe te promets que cette résidence d’écriture chez toi, tournera tôt ou tard en résidence surveillée. Je ne suis ni médecin, ni ingénieur, n’empêche que je participe par moments à certains jeux de cadavre exquis qui hantent par ordre naturel les beaux châteaux de cartes des continents. Je ne me fie pas aux panneaux des rues de France brandissant un nom de poète à chaque carrefour pour blanchir sa conscience rouge du sang des autres, dont elle écrémera plus tard, par osmose inverse, « son humanité sélective » hypocritement appelée « l’immigration choisie ». Si mes mots te délivrent et parviennent à apaiser ta colère, c’est que naïf, je suis en décalage par rapport au monde, et les mots sont en avance sur ma bouche. Néanmoins, je les revendique comme un faire-part de piège, une invitation à la colère. Tu vois, n’en sois plus apaisé. Sois…, au détriment du néant d’être. Me libérer de ma situation d’immigré choisi, chose peut-être, qui ne sera pas pour demain. En sortirai-je un peu moins putain qu’un triste décor de bordel. james A ne pas rater… Lundi 19 novembre - Le comité de lecture invite James Noël Pour un public averti et curieux, James Noël va conduire poésie et littérature sur des chemins à double tranchant. A partir de 14h Bibliothèque Elsa Triolet et Aragon, Argenteuil Mercredi 28 novembre - Quand les chiens et les chats parlaient… de Mimi Barthélémy Quand dans les veillées haïtiennes, les rituels de chants, de devinettes, de comptines, de randonnées et de contes chantés fabriquent pour les enfants, comme pour nous tous, une autre manière de comprendre et d’entendre le monde. Les secrets. L’invisible. Compère Gaoulo, le chat, n’avait plus rien à se mettre sous la dent. Commère Gaulo, sa femme, suggère à son mari de faire le mort et organise, avec son accord, une veillée funèbre qui se terminera très bien pour eux et beaucoup moins bien pour les invités. 15h Bibliothèque Aragon, Colombes Samedi 1er décembre - Ecrire et dire à Port-au-Prince James Noël et Mimi Barthélémy vont conjuguer leur art et leur talent pour ouvrir des fenêtres sur Haïti. Une après-midi pour sentir le vent frais des mots scandés, dits, chantés, légers, âpres et doux, une entrée en matière pour mieux discuter de la vaste littérature haïtienne. A partir de 16h Bibliothèque Prévert, Colombes Avec la présence de l’association Franco-Haïtienne de Colombes Et surtout n’oubliez pas Samedi 15 décembre – Remue-Méninges haïtien POESIE, DEBAT, THEATRE ET MUSIQUE Une journée-rencontre autour de la culture haïtienne, un grand déballage de la créativité, où l’on retrouvera avec plaisir Mimi Barthélémy, James Noël, Carlton Rara, Thomas Spear, Adjabel, Orignal H, et bien d’autres… De 14h à 1h MJC Colombes
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08.11.2007
Ateliers d'écriture
Se mettre en situation d'auteur : avec James Noël, un jeune poète haïtien
Les élèves sont invités à
- effectuer avec l’auteur un travail de lecture à voix haute et d’oralisation,
- découvrir les registres poétiques, les métissages de langues, l’univers créole, contourner les frontières linguistiques
18:40 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

















