13.10.2007
Ailes de Colombes
Colombes. ici les mots voyagent vite. Je les suivrai peut-être jusqu’à la station-service pour leur quérir un peu de flamme. Si par bonheur, les mots pouvaient se passer de kérozène, croirait-on enfin que les étoiles sont filles de nos songes ou allumeuses des idées noires. Des étoiles filles de la parole, vestiges renversés de nos pas. Les étoiles filles des idées noires. Rimbaud doit à lui seul gouverner toute une constellation pour rendre au ciel une majesté de Fêtes galantes. Ici les mots voyagent vite. Pour un poète qui vient de là, pourrait-il les suivre jusqu’au terminus. Atteindre la limite du cercle sans toutefois tourner en rond. Tourner en cercle.
Pour un poète qui vient de là, à quoi pourrait ressembler la ville? Cette ville qui n’est pas vile. Parce que sans poussière. Cette ville interdite à certains détours, à certaines minutes par les feux rouges qui crachent du sang sur le visage des automobilistes. Moi, je passe mon chemin de petit bonhomme sans me tourner la tête, parce que piéton, vous comprenez, je n’ai pas à m’en faire des sens uniques ou des paneaux qui par moments tirent sur l’homme à boulets rouges.
Ici les mots voyagent vite, est-ce le froid qui court après les mots ou les mots, faute de lèvres, qui courent après le froid. Pour un poète qui vient de là, ne sachant pas le numéro à composer pour appeler le bureau équivalent au service-pompiers, car quand il fait froid, le soleil se déguise sous de graves nuages à peau de mouton. Quand il fait froid le soleil enfoui ses rayons comme chien qui va, la queue entre les jambes, par peur d’être hurlé par des hommes-loup et des chiens-policiers. Quand il fait froid, pour moi poète qui vient de là, je ne lèche pas les vitrines des magasins qui offrent tous leurs rayons au soleil qui ne pèse plus la rondeur d’un centime.
Moi, je marche vite, le sexe rabougri par la météo. je marche en quête d’un visage, une lèvre. Lèvre qui se veut piste d’atterrissage d’une parole manquée, au soir du premier baiser à la terre.
James Noel
12:15 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note


















Commentaires
Frére d'erance dans ma ville souvenir
loin de toi je vois sur les eaux noires du lac Léman dans Genève endormie
flotter tes mots épuisés de solitude urbaine
garde toi de la mauxrocité
rachid
Ecrit par : rachid | 14.10.2007
c'est un grand vent à décoiffer les pensées, à démêler les sensations, à tresser les émotions que tu souffles dans tes écrits. Et puis le vent ravive les braises. Le kérozène est volatile et inflammable, tes mots le sont tout autant. A te lire j'ai envie d'y retourner voir dans cette langue foisonnante d'incendies à tarir. Je suivrai le chemin de tes poèmes qui viennent de là.
Elodie
Ecrit par : elodie | 15.10.2007
Bonjour James,
je viens de lire ton texte avec un plaisir capiteux de caraibeen jouissant de la bonte et de la beaute de notre incomparable ile qui baigne presque toutes ces queues a la mer et a son soleil qui chome rarement.je t'envoie un peu de soleil et de chaleur de mon indefectible amitie.
wilson
Ecrit par : wilson | 15.10.2007
Avec plaisir de recevoir ton poeme qui traduit ton etat d'esprit de poete voyageur.J'ai l'impression tu as un coin de pays d'adobtion toi, es le premier habitant.Tu es avec nous sur cette en mission mais tu n'y habite pas.
Ecrit par : Cherifils | 17.10.2007
Salut James,
Nous nous sommes rencontrés hier à "Planète Mots" et j'ai apprécié d'échanger avec toi. Je te félicite de nouveau pour ton titre à la francophonie même si je sais ce que tu en penses.
J'ai trouvé génial le texte ci -dessus. Plein d'images fortes, de jeux de sens intéressants. Très passionnant.
Au plaisir de te recevoir chez moi
Ecrit par : Fred, le Jongleur de Mots | 11.11.2007
que veut dire HAUTEFORT.COM dans ton adresse stp
merci
denise
Ecrit par : denise bernhardt | 11.11.2007
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